conseils en vrac pour le télétravail

20 juillet 2016

Après avoir expérimenté pendant environ un an le télétravail, je vous livre ici quelques astuces que je n’applique évidemment pas. Mais ne pas appliquer ses propres conseils n’a jamais empêcher personne de faire chier les autres avec; et c’est précisément ce que je compte vous faire subir.

1 - Organiser votre espace de travail.

Créer-vous un espace propice à la concentration, qui met hors de vue les objets qui incitent à la procrastination. Travailler avec votre lit dans votre champ de vision n’est pas bon pour votre moral.

2 – Apprendre à dire non aux interruptions.

Facebook, mails, téléphone portable, skype, tweets, tchat, irc, textos, Whatsapp, Messenger et j’en passe… Nous sommes sans cesse bombardé de notifications qui kidnappent notre attention et de nous détournent de ce que nous étions en train de faire.

Or, c’est la qualité de l’attention qui est la clef réelle de la productivité ; et chaque interruption de quelque sorte que ce soit va vous demander du temps et de l’énergie pour vous re-concentrer; c’est une gymnastique de l’esprit qui peut rapidement avoir raison de votre motivation.

Attention, lorsqu’on se met à faire autre chose que ce que nous avions prévu, notre mauvaise foi naturelle va tenter vilement de nous convaincre que, non non en fait vous êtes en train de faire de “l’auto-formation » ou bien de la “veille d’information », de »réseauter”, ou encore de “travailler sur un truc qui va faire gagner du temps plus tard ». On va pas se voiler la face, vous être probablement en train de glander (verbe qu’on a remplacé pudiquement par “procrastiner” depuis quelques années; la technicité du mot semblant nous protéger un peu de l’infamie d’être pris en flagrant délit de ne rien foutre).

Faites donc en sorte d’éliminer au maximum toute possibilité d’interruption et de notification pendant les heures ou vous avez besoin d’avancer sur quelque chose. Coupez votre client mail, twitter, facebook, éteignez les logiciels de chats (skype, messenger etc …), mettez votre téléphone professionnel sur silencieux ; bref tout ce qui peut potentiellement venir vous coupez dans ce que vous êtes en train de faire.

Soyez également clair avec votre entourage : dites clairement que vous avez besoin de vous concentrer et que vous n’êtes pas disponible pour le moment même si vous êtes tenté(e) d’accorder gentiment votre attention … Vous seul(e) pouvez matérialiser la frontière entre votre vie professionnelle et votre vie privée quand le lieu ne le fais plus pour vous.

Vous vous dites également peut être “chouette je vais pouvoir aller faire cette petite course ou aller chez le dentiste, je suis plus souple en télétravail”. Mon conseil serait d’être plus intransigeant avec ce genre d’interruption que jamais, pour ne pas perturber votre motivation et de votre qualité d’attention.

3 – Se lever tôt et commencer à travailler tôt.

Le succès du point 2 est assuré ou presque quand j’applique ce conseil : si je commence à travailler à 7 heures du matin; arrivé à 13h je peux avoir abattu 6 heures de travail de production efficace – si j’ai ignoré les mails, coups de téléphone et notifications. C’est assez pour avoir largement terminé une journée en terme de productivité; et ça laisse le temps de gérer les coups de téléphones, réunions, réponses aux mails ensuite dans l’après midi si c’est nécessaire.

4 – bloquer les sites de glande

Directement enfant du point 2 : vous pouvez vous retrouver sur Twitter , Facebook ou tout autre site sur lesquels vous aimez flâner sans même y penser ou avoir eu conscience que vos petites mains potelées vous avaient mécaniquement emmené là. Pour éviter cela, je m’interdis la liste des sites sur lesquels j’aime ne rien faire, pendant mes heures de travail « ininterrompues » . Pour ma part, je réalise cela en éditant mon fichiers hosts ( voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Hosts ); mais nul doute qu’il doit exister des logiciels ou des modules pour navigateurs qui permettent de réaliser cela facilement, voire en fonction des heures de la journée.

5 – Ne pas penser en heures à accomplir mais en objectifs à atteindre.

Dans mon beau métier, le lien entre productivité et nombre d’heures de travail est douteux. La productivité va être lié plutôt à la qualité de l’attention que je vais porter aux tâches, au fait de prendre de bonnes décisions en ayant les idées claires; de bien communiquer avec les différents protagonistes du projet. Le temps de travail vient loin derrière tout ça comme facteur d’une journée productive; et vous pouvez très bien faire une superbe journée en 4 heures de travail comme une journée inutile en y passant 12 heures. En réalité, le principal avantage de compter les heures de travail dans des boulots plutôt intellectuels; c’est de pouvoir faire des statistiques – qui ne correspondent à rien.

Bref, je ne me fixe non pas des horaires mais des objectifs à atteindre. Quand je travaille bien, je peux sortir bien plus tôt que la moyenne des gens et aller faire un tour au soleil : cette possible récompense me rend très efficace; tandis que penser que je dois rester sans aucune raison valable devant un ordinateur jusqu’à une heure arbitraire, seul chez moi, me rend instantanément dépressif.

6 – Apprendre à casser un objectif en plusieurs objectifs, jusqu’à ce qu’on trouve la motivation de le faire : l’important c’est de commencer!

Pas toujours facile de s’y mettre; l’esprit humain rechigne facilement à attaquer une nouvelle tâche qu’il sait devoir faire. La bonne nouvelle; c’est qu’une fois qu’il s’y est mis, il rechigne à s’arrêter; le plus important est donc de commencer une tache que vous êtes prêt à finir sans déprimer à l’avance. Si vous n’en trouvez pas, prenez une tache, cassez la en plusieurs petites taches; et choisissez parmi elles celle qui vous rebute le moins. Plus vous rechignez, plus vous devez commencer par abattre une tâche très courte (10 à 20 minutes). Cela suffit en général à faire démarrer le moteur de la motivation. Dans tous les cas, mieux vaut faire une toute petite chose et voir ce qu’il se passe après, que rien du tout. Ce qui est fait n’est plus à faire comme disait mon ancien patron.

7 – Ecouter de la musique

Quoi de mieux que d’écouter un morceau roboratif pour redonner un coup de fouet à sa motivation ? combiné au point 6 cela peut faire des miracles insoupçonnés en cas de baisse de motivation les matins difficiles.

8 – Travailler debout de temps en temps

Suite à de petites douleurs dans le de dos, j’ai décidé d’essayer de travailler de temps en temps debout. Je ne trouve pas ça fatiguant, ma posture est plus agréable et la position me rend plus dynamique; et je m’assois quand j’ai envie de m’asseoir. Etre seul chez soi affalé toute la journée sur un fauteuil , quel que soit le prix du-dit fauteuil, est une autoroute pour avoir envie de glander.

Par ailleurs, être debout rend naturellement plus dynamique et actif, ça évite également “l’ensommeillement” qui peut parfois gagner le télé-travailleur seul devant son écran affalé sur un fauteuil de bureau confortable, trop confortable. (oui, tu as peut être laché plusieurs centaines d’euros dans un fauteuil de compet’ pour rien, monde de merde)

9 – Tenir un carnet de bord

Après avoir essayé tout un tas de logiciels divers et variés de gestion de tâches et du temps, la manière la plus efficace que j’ai trouvé de m’y retrouver dans ce que j’ai à faire et ce que j’ai fait; c’est de tenir un « carnet de bord » : un simple cahier (genre, analogique, sans écran, avec du papier et tout) que j’utilise comme un agenda customisé pour mes besoins de freelance.

A chaque jour je consacre deux pages entières, j’y note la date du jour, les objectifs de la journée et les notes de réunions ou d’appels si il y en a eu. Ca me permet facilement de voir ce que j’ai fait hier ou d’organiser les choses pour les jours à venir.

10 – Skype, visio-conférence et partage d’écran.

Si vous devez collaborer à distance, utilisez un outil joignant la vidéo au son : ça renforce positivement les relations et permet de redonner un peu de chaleur humaine là où c’est plus difficile par téléphone et presque impossible par mail. Le mail est même l’outil idéal pour générer des malentendus voire rendre glaciale une relation qui se serait très bien passer de visu. ( c’est du vécu ).

Autre point crucial : un outil tel que Skype permet en un clic de partager son écran pour montrer directement quelque chose à la personne avec qui on communique : ça permet de gagner énormément de temps dans certaines situations et d’éviter de passionnantes discussions telles que :

“Tu sais le slide 17 sur le cahier des charges ? … Non, la toute dernière version du document que tu m’as envoyé, le 21 juin je crois, nommée ‘cdc-version-old’ ? … Oui, alors slide 17, la quatrieme petite bulle orange sur la droite sous le trait vert avec écrit ‘ajouter aussi un intranet complet de type ERP sans toutefois augmenter le devis global’, ça veut dire quoi précisém … Ah tu n’as pas le bon document, bon je te le renvoie par mail tout de suite …. Oh tu es sur windows 98 ? C’est pour ça, on a peut être pas les même numérotations de slides en fait; à cause de la conversion sur Keynote sur mon mac … ” ( arrivé à ce point de la discussion, vous envisagez brièvement d’abandonner à tout jamais le télétravail, ayant lamentablement échouer à indiquer à votre client l’emplacement d’une petite bulle orange après une demi heure d’efforts insensés.)

11 – Apprendre à déceler les moments de bloquage et à demander de l’aide.

Quand on travaille seul, on a tendance à garder la tête dans le guidon. Le problème, c’est que notre fierté étant mal fichue, on peut se noyer 3 jours dans une tâche qui se serait peut être réglée en deux heures si on avait tout de suite demandé conseil à la bonne personne. On comprend vite dans ce genre de cas que la fierté est souvent l’amante incestueuse de la connerie.

Il faut donc apprendre à déceler quand on s’enferre dans ce genre de situation et à compter sur des compétences externes pour retrouver le cap productif plutôt que de chercher à toujours s’en sortir tout seul quand ça coince un peu.

12 – Faire du sport

Alors là c’est l’hôpital qui se fout de la charité je vous le dis tout de suite, car je n’ai pratiqué aucun sport pendant plus de dix ans; mais la sédentarité extrême de nos vies de télé-travailleurs en fait pourtant presque une obligation pour conserver la pêche et se décrasser l’esprit. J’ai survécu sans mais je vis beaucoup mieux en me défoulant 2 ou 3 fois par semaine désormais (la couse à pied pour me passer les nerfs et l’escalade pour me détasser fond des miracles). Pour les plus courageux, une petite séance de sport le matin permet d’attaquer le boulot en étant bien réveillé; car le trajet du lit à votre espace de travail y suffit rarement, le café ne fait pas tout…